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Ascension 2005

         
  " ... une exégèse en béton armé ... "  
 

Le folklore de la baie du mont Saint-Michel en a pris pour son grade : une vidéo dans le bus nous annonce que la marée montante « à la vitesse du cheval au galop » est une légende ; les sables mouvants ne font plus peur au point de devenir la véritable attraction de bon nombre d’entre nous ; sur le rocher de Tombelaine, plus de belliqueux anglais mais quelque famille d’oiseaux rares ou en voie de disparition, et même, des moines sont revenus au Mont (de la Fraternité de Jérusalem). Les tour operators sont désorientés. Mais dans notre groupe pas d’affolement : on a troqué la boussole contre l’Ascensiomètre®, il indique toujours le haut (voire : le Très-Haut).

 
 
 

L’Ascension est un peu le parent pauvre des Mystères du Christ, à l’ombre d’autres fêtes essentielles. N’y a-t-il alors rien de plus à dire à ce propos que « Christ est monté aux cieux » ? A peine aurais-je pu rajouter la veille d’Ascension 2005 que c’est le terme des apparitions du Seigneur après sa résurrection. D’où l’originalité du travail du Père Marc Rastoin : une exégèse en béton armé, des références aux Pères et aux théologiens actuels (dont un bavarois assez connu depuis le mois dernier), des diagrammes éloquents, l’ensemble pour rendre intelligible un fait qui ne doit pas être confiné au seul regard contemplatif.

 
 
 

La soirée festive du samedi : c’était vraiment plus que pas si mal que ça vus les 48 maigres heures de préavis qu’on a eues. Le but était de créer un Champs Elysée chrétien (Champs Elysée : une émission que seuls les tardivo-vingtenaires ont connu, vous autres les jeunes pouvez interroger dès à présent vos aînés). Une bonne émission de variétés familiale c’est des visuels, des chants et chansons, de la danse, des sketchs, une régie qui tient la route, des applaudissements et des remerciements. Il y a TOUT eu. La différence avec Champs Elysée est que ceux qui sont montés sur scène ont été au total plus nombreux que les spectateurs. Mais à 130, c’est techniquement possible… Bref, j’invite tous ceux qui vont à Ascension 2007 à préparer la soirée dès maintenant, car vu le bon niveau qu’on a obtenu en 48 heures, on pourra s’attendre à avoir un direct sur KTO.

Jean-David

 

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Ascension 2004

         
 

" Tous ensemble, pieds nus sur le sable, vers le Mont St-Michel ! Celui-ci se couvrant et se découvrant alternativement se dote d'une atmosphère de mystère : mystère des moines qui s'y cachent, mystère des pèlerins qui affluent depuis plus d'un millénaire. "

 
 
 

" Un corps fatigué ne peut être disponible aux autres et à Dieu, c'est pourquoi il est essentiel de pouvoir vivre des temps forts comme celui ci, où toutes les dimensions de notre être peuvent se ressourcer et où chacun peut trouver la nourriture qu'il désire. "

 
 
  Opération Picaya  
 

Nous partîmes une bonne centaine (étudiants de CGE, jeunes professionnels, Jésuites et d’autres encore, dont une petite dizaine du CSG), pour inaugurer cette « Ascension 2004 », et par le prompt (enfin…façon de parler !) renfort des cars, nous arrivâmes devant la baie du Mt St Michel, pour un mini-pèlerinage dans les embruns et la brume, sur les traces des pèlerins du Moyen-Age  qui, eux, n’avaient pas de guide ! Puis c’est en procession, et en chantant (« Rendons gloire à notre Dieu… », « Encore un peu de temps et nos yeux s’ouvriront …», entre autres tubes que ceux qui étaient à Chartres reconnaîtront), devant les touristes étonnés et les batteurs d’omelettes de la Mère Poulard, que nous sommes montés jusqu’à l’abbaye où avait lieu la messe de l’Ascension, au sortir de laquelle un coucher de soleil sur la mer- marée haute cette fois - nous attendait. Puis, à cause – ou grâce ? - aux cars, nous avons eu le privilège d’une visite nocturne, dans cette merveille d’architecture à la gloire de l’archange St Michel.

 
 
 

Les trois jours suivants ont eu lieu dans le monastère - que dis-je, le palace- de St Jacut de la mer. Pour percevoir le mystère de l’Ascension, qui ne peut se comprendre sans celui de la Résurrection et donc, de la Création, le père Martelet nous a invité à repenser les fondements de notre foi, à partir du point de vue de l’athée, du scientifique pour lequel le picaya est au départ la seule réalité tangible. Car si l’athéisme moderne, qui se veut une dignité de l’homme, ne conçoit rien d’autre que la dualité de ce dernier avec la nature, qui est sa condition, - mais la nature vainc la culture, et la mort finit tout-, néanmoins il importe de distinguer la condition de la cause. L’homme est bien une revendication de sens, fondée dans l’homme par rapport à la nature (cf. le roseau pensant de Pascal). Le soi, en effet, n’est pas un élément naturel, il n’existe que dans l’homme. La transcendance humaine n’est acquise que lorsque l’émergence humaine ne peut être réduite à la condition qui lui permet d’éclore. Or cette transcendance de l’homme dans la nature doit avoir un répondant digne d’elle. Nous ne sommes donc plus dans la diade, mais dans la triade, si nous posons la religion. Cette religion est une libération de l’homme et non son aliénation. Dieu réapparaît dans le mystère de l’homme comme une libération de l’emprise de la nature qui, elle, peut être une aliénation. On le voit, la science est débordée par l’existence.

 
 
 
  Mais alors, par quel mystère Dieu envahit-il le cosmos ? Ce Dieu est ouvert dans l’histoire dans un rapport nouveau à l’homme, c’est un Dieu de la messianité qui traverse la sphère culturelle (religieuse : Abraham et la génération ; politique : David ; sociale : Moïse ; économique : Amos ; de la relation homme-femme : Osée…), jusqu’à la mort. Dans l’Incarnation, l’Infini porte le poids du fini. Le Christ passe par ce chemin de l’altérité du monde pour passer en l’homme, et le Christ en l’homme fait passer ce dernier en Lui, telle est cette relation résumée en trois mots : Consécration, Communion, Conversion.
Reste qu’il ne s’agit pas, nous l’avons compris, de transmettre la foi par la raison. La Révélation en effet ne sort pas de la raison, toutefois cette dernière est au service de la Révélation, parce que la Révélation est pour l’homme. La théologie est la raison qui se met au service de la Révélation, et la raison sera promue par la Révélation.

 
 
 

Les temps en « équipage », ainsi que les propositions de prières sous diverses formes, se sont avérés très précieux pour partager et approfondir un enseignement qui remet parfois radicalement en question ce que signifie croire en Dieu pour nous, Chrétiens appelés à témoigner de notre foi dans le monde d’aujourd’hui.

 
 
 

Quant à la veillée festive – mimes, improvisations théâtrales, chants, danses bretonnes…- et aux longs temps de détente sur les onze plages de la presqu’île, ils ont donné à ce week-end toute sa convivialité et permis de découvrir les talents des uns et des autres.

Rendez-vous, on l’espère, à l’Ascension 2005 !

I. Mercier

 
 
 

Picaya : Le saviez-vous ? Avant l’australopithèque, avant les vertébrés, avant même Denver, le dernier dinosaure, était le picaya… Las ! Ce sympathique compagnon de nos méditations durant ces quatre jours s’est révélé en définitive n’être guère plus qu’ une « corde », pour reprendre la définition succincte de père Martelet.

 

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